


J'avais lâché mon insigne et mon arme du bout des doigts. Au dehors, le ciel bleu avait laissé place à un début de nuit clair et doux. Je respirais à plein poumon.
Je montais en voiture, restant un moment le front collé sur le volant, au calme. Surement par automatisme, je sentis que je mettais le contact.
Au fure et à mesure que les kilomètres défilaient, je reprenais un peu mon énergie. Je ne savais pas ce qu'était devenu Mike mais l'épreuve de la garde à vu m'avait rendu un peu égocentrique, préoccupé par mon propre sort.
Pour l'heure, je devais prendre un peu de repos. Mike sortit ou pas, je ne vois pas ce que je pouvais faire pour lui si il était encore prit dans la "machine judiciaire", par ailleurs, il ne valait peut être mieux ne pas trop montrer notre "complicité".
J'arrivais chez moi. Je garais la voiture et comme lorsque j'avais pris le volant, je restais un instant à regarder la rue.
Bientôt, je montais les marches de chez moi, ma compagne m'y attendait surement avec un paquet d'interrogation, la soirée risquait d'être électrique. Avec la journée pitoyable que je venais de passer, la dernière chose dont j'avais envie, c'était bien un ultime interrogatoire ponctué de supputation, qui, de toute façon, ne mènerait à rien. Mais je comprenais aussi que lorsqu'on est inquiet, la première des réactions, c'est d'essayer de savoir ce qui a bien pu arriver.
Je ne sais pas si j'aurai la diplomatie nécessaire pour la rassurer et je ne sais pas si elle aurait la tolérance pour supporter mes sauts d'humeur.
La nuit ne faisait que commencer, mais elle promettait d'être longue et peut être mouvementer.